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Famille Cabanne

Entretien avec le maître de chai Alexis Cabanne

Famille Cabanne

Famille Cabanne est un nom profondément enraciné dans la tradition Cognac, avec une histoire qui s'étend sur plus de deux siècles. Dans cette interview, Virginia s'est entretenue avec Alexis Cabanne, le maître de chai et actuel dirigeant de l'entreprise familiale, afin d'explorer la philosophie et l'approche uniques qui guident leur production Cognac. Alexis partage l'importance de l'héritage familial, leur histoire et leur expérience de la production de vin à la distillation professionnelle, et comment ces influences ont façonné les valeurs de l'entreprise aujourd'hui. De leur partenariat de longue date avec des marques emblématiques, comme leur proche voisin Grand Marnier, au développement de leur propre label, Famille Cabanne et des différentes marques qui le composent, cette interview offre un regard de l'intérieur sur la façon dont Alexis et son équipe s'efforcent toujours d'aller de l'avant et de fournir des produits intrinsèquement intéressants et qualitatifs pour leurs propres marques et pour les marques qu'ils approvisionnent. Tout cela afin d'assurer la préservation de leur entreprise familiale pour les générations à venir.

Nous allons nous plonger dans l'interview ci-dessous..

Famille Cabanne Lot 79

Bons Bois Single Cask

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Si vous avez aimé les Famille Cabanne Lot 24 et Lot 58, vous allez vouloir découvrir son incroyable nouvelle version Famille Cabanne: le Lot 79 Bons Bois Cognac . Vieilli 46 ans, ce magnifique single barrel offre tout ce que nous admirons : des arômes purs et précis, une intensité extraordinaire, un âge avancé et de l'élégance, le tout sans trop de fioritures. Et à cet âge, c'est une rareté Bons Bois.

CruBons Bois
Cognac âgeLot 79 - 46 ans
Teneur en alcool62.5%
Taille de la bouteille70 cl
Force du fûtOui
FiltrationPas de filtration à froid

Couleur : Ambre profond avec des reflets dorés.

Nez : Arômes intenses et mûrs de fruits secs, d'orange confite, de miel et de pêche mûre. Notes subtiles d'épices de chêne et une touche de boîte à tabac millésimée.

Bouche : Puissant et concentré à l'état de fût : Puissante et concentrée à la force du fût, elle offre des couches de fruits sucrés, de miel d'acacia et d'agrumes confits, équilibrées par un bois structuré et des épices. Une bouche robuste qui met en valeur la force naturelle du spiritueux.

Finale : Longue, chaleureuse et expressive, laissant des traces de fruits, de chêne et d'un doux rancio.

Après les remarquables Lot 24 et Lot 58, Famille Cabanne dévoile aujourd'hui un Bons Bois rare et mature issu de sa cave humide au sol en terre battue : le Lot 79 Bons Bois Cognac . Ce lot, distillé en 1979 et mis en bouteille sous le nom de "Lot 79 ", offre l'intensité non filtrée d'un brut de fût Cognac. Avec seulement 256 bouteilles produites, il s'agit d'une édition limitée qui témoigne de l'individualité du terroir Bons Bois.

Présenté à 62,5 % Teneur en alcool (embouteillé à la force naturelle du fût), le Lot 79 conserve tout le caractère des eaux-de-vie qui ont reposé en chêne pendant des décennies. Le résultat est un Cognac à la fois puissant et raffiné, avec des arômes fruités complétés par de la profondeur et de la maturité. Il représente un aperçu authentique de l'expression d'un seul cru de Bons Bois Cognac , qu'il est rare de rencontrer à une telle force naturelle.

Présentation de la bouteille

Le Lot 79 est présenté dans la bouteille moderne "Galaxy" de 70cl. Ses lignes épurées et son profil haut mettent en valeur l'ambre profond Cognac à l'intérieur. L'étiquette est épurée et minimaliste, mettant l'accent sur le nom Famille Cabanne, le cru et le numéro de lot. Limitée à 256 bouteilles, chacune d'entre elles possède une aura d'exclusivité et d'attrait pour les collectionneurs.

Comment le boire

Ce Cognac se déguste pur, permettant d'apprécier toute sa force et sa complexité sans dilution. Pour ceux qui préfèrent en atténuer l'intensité, quelques gouttes d'eau peuvent aider à ouvrir des couches supplémentaires d'arômes et de saveurs. Adapté à une dégustation contemplative, c'est un Cognac qui récompense la patience et l'attention.

Nous avons notre propre chauffeur, notre propre camion, tout est fait en interne. Nous ne sous-traitons pas ces opérations. Comme je l'ai dit plus haut, notre chauffeur est chez nous depuis toute une carrière, et il se présente souvent avec son fils dans le camion, en disant qu'il est le prochain. Il est vrai que son fils veut lui aussi devenir chauffeur chez nous.

Virginie : Comment cet héritage familial a-t-il façonné les valeurs et la vision de l'entreprise aujourd'hui ?

Alexis Cabanne : La famille Cabanne a une histoire profondément enracinée qui remonte à 1810. Cet héritage a créé un fort attachement familial et une volonté de perpétuer cette tradition de la part de ceux qui sont dans l'entreprise de génération en génération. La septième génération, représentée par ma fille aînée Marine, travaille actuellement à la distillerie. Nous travaillons tous pour la génération suivante et je suis sûr que nous pourrons continuer à le faire à l'avenir.

Encore une fois, nous travaillons tous pour la génération suivante. Nous ne sommes pas ici pour vider les comptes ou pour vivre une vie de luxe ou une vie qui n'est pas la nôtre. Ce n'est pas ce que nous recherchons. Nous voulons préserver cette image de famille traditionnelle. La preuve en est que nous avons un employé, notre chef distillateur, dont le père était chef distillateur et dont la fille travaille également avec nous. C'est une entreprise familiale traditionnelle où l'on se sent bien et où l'on reste, et on pense même à ses enfants qui y travaillent, parce que ça dure, et que dans la vie de tous les jours, on voit que l'on est là pour transmettre.

Virginie : Comment la crise du phylloxéra a-t-elle affecté votre famille et son entreprise à l'époque ?

Alexis Cabanne : Eh bien, la crise du phylloxéra a tout dévasté. Les vignes étaient toutes mortes. De mémoire, je crois que nous avons sauvé quelques pieds, pas les miens. Toutes les vignes qui ont été inondées l'hiver près des berges de la Charente, et grâce à toute cette eau, le phylloxéra ne s'est pas développé. Quand il y a des inondations, le phylloxéra n'y va pas. Et dans les sols sablonneux, qui sont extrêmement sablonneux, le phylloxéra ne se développe pas. A l'époque, il ne pouvait pas bouger. Nous avons fait comme tout le monde. Nous avons réduit notre train de vie ou revu nos capacités d'investissement. En tout cas, nous avons réussi à survivre. Donc le peu que nous avons réussi à sauver, entre-temps, nous avons gardé la tête baissée. Nous avons réussi à traverser cette crise et à tisser des liens encore plus forts au sein de la famille.

Virginie : Comment la famille Cabane s'en est-elle sortie ? Est-elle passée de la viticulture à la distillation, et quelles sont les grandes étapes qui ont marqué la croissance de l'entreprise au cours des quatre dernières générations ?

Alexis : Mon grand-père Marcel Cabanne, et Philémon son père, avaient un ou deux alambics. Au fil des années, nous sommes passés du statut de viticulteur à celui de distillateur professionnel, grâce à la proximité du Grand Marinier, le Château l'Apostole, qui se trouve à un kilomètre de là. Nous avons voulu développer et soutenir le Grand Marinier, en nous disant qu'il serait dommage de ne pas travailler avec nos voisins et de ne pas les soutenir.

Mon grand-père Philémon a monté quatre ou cinq alambics, ce qui était déjà bien à l'époque. Mon grand-père Marcel Cabanne en a fait une douzaine, et mon père et mon oncle Lucien Cabanne et Maurice Cabanne ont développé les choses, ce qui nous a amené à 15 alambics.

C'est une affaire de génération. D'ailleurs, nous avons suivi la croissance de nos clients, notamment le Grand Marinier. La proximité était déjà un facteur important car à l'époque ce n'était pas le même moyen de transport, c'était plus lent. C'était plus lent, donc la proximité nous a beaucoup aidés.

C'est donc très bien, mais nous continuons à nous développer.

Virginie : Pouvez-vous nous dire comment votre éducation et votre héritage familial ont influencé votre décision de devenir maître de chai ?

Alexis : Cela s'est fait très naturellement. Je dois avouer qu'il y a quelques générations, la notion de parité entre les femmes et les hommes n'était pas tout à fait évidente. Disons les choses telles qu'elles sont, je parle d'il y a 50 ans aujourd'hui. Mon oncle Lucien a une fille. Ma tante Nicole a une fille et mon père Maurice n'a qu'un garçon. Le garçon devait prendre la relève du grand-père, du père, de l'oncle, de l'arrière-grand-père et ainsi de suite. Malheureusement, c'était comme ça avant. Heureusement, les mentalités ont changé de nos jours, mais il y a 40 ou 50 ans, ce n'était pas tout à fait comme ça. Il a donc toujours été clair que la succession était mon destin. Un beau destin peut-être, mais là, c'était un peu écrit.

La Virginie : Les temps ont changé, j'entends dire par certains producteurs que les enfants veulent prendre la relève à un moment donné, mais par d'autres, j'ai aussi entendu dire qu'ils voulaient faire quelque chose de complètement différent. Peut-être qu'à un moment donné, ils reviendront. Mais j'imagine qu'à l'époque, ce n'était pas vraiment possible.

Alexis : Le travail à l'ancienne dans les campagnes a changé. L'entreprise a récemment été rebaptisée Famille Cabanne. Pourquoi Famille Cabanne? Avant, l'entreprise était essentiellement une société de distribution. Nous avions nos propres spiritueux que nous vendions et distribuions pour le compte de certains groupes, parfois importants, leurs spiritueux et/ou leurs vins. Au fil du temps, nous avons arrêté cette activité de distribution, car elle nous prenait trop de temps et d'espace. Nous avons alors envisagé d'arrêter cette activité et de pousser plus loin nos propres produits. Lorsque ma fille aînée Marine est arrivée, il nous a semblé opportun de développer le nom, une entreprise qui fabrique ses propres produits qu'elle vend, et d'intégrer le nom de famille pour mettre en avant la notion de famille. Comme ma fille est aujourd'hui dans mon bureau, les choses se sont faites naturellement.

Historiquement, nous sommes le plus ancien distillateur officiel du Grand Marinier, nous revenons donc toujours à la même histoire : la proximité.

Virginie : Et la réaction des clients ?

Alexis : Nous n'avons même pas demandé à nos clients d'accepter, nous l'avons fait tout simplement. Et tout le monde a suivi et a dit oui, ce qui est légitime. Et encore plus ceux qui sont venus nous rendre visite. Nous voulions que ce soit vraiment, vraiment familial. Tout en prenant soin de distinguer la marque Famille Cabanne, qui concerne notre propre production, et la distillerie, qui est active pour notre marque mais aussi pour d'autres. Il y a une activité négoce et vrac qui sert principalement la France, et il y a Famille Cabanne, qui est nos propres bouteilles destinées à l'exportation. Il s'agit donc de deux entités distinctes.

Virginie : Quelles sont les méthodes et techniques uniques qui distinguent les processus de distillation de la région ? Dans quelle mesure la distillation pour le compte d'autrui constitue-t-elle une part importante de votre activité ?

Alexis : La famille Cabanne est réputée pour son expérience en matière de distillation. Objectivement, la distillation pour compte d'autrui représente une part importante de l'activité. Historiquement, nous sommes le plus ancien distillateur officiel du Grand Marinier, donc on en revient toujours à la même histoire : la proximité. Ensuite, nous distillons beaucoup pour Courvoisier. Et puis pour le groupe Bacardi pour Otard, dont mon grand-père était le directeur général, qui a eu des liens créés au fil du temps.

Ces volumes sont beaucoup plus importants que ceux que nous nous permettons de garder pour notre activité bouteille pour la marque Famille Cabanne. Nous n'avons pas la prétention, ni les qualifications, ni l'argent pour devenir une grande maison. Ensuite, nous avons aussi travaillé un peu pour Martell, et un peu pour Hennessy. Nous ne sommes pas des distillateurs officiels, mais nous travaillons un peu avec ces maisons.

Virginie : Distillez-vous uniquement pour d'autres maisons ou faites-vous également du vieillissement ?

Alexis : Nous distillons surtout, mais nous faisons des ventes en gros lorsque ces maisons en ont besoin. Mais oui, nous faisons vieillir beaucoup d'eaux-de-vie. Nous avons la chance d'avoir des stocks importants. Avec des eaux-de-vie de 1806. Le stock est important. On peut facilement répondre à peu près à toutes les demandes. Pour nos eaux-de-vie, nous les distillons et les laissons vieillir longtemps. Puis nous laissons passer les secondes et les années, comme autrefois. C'est comme l'histoire du vigneron, de l'agriculteur qui, de son alambic, part s'occuper des vignes. Il n'a pas toujours regardé à quelle heure il devait rentrer, mais il arrive qu'il soit en retard d'une demi-heure, rarement en avance. Et puis le temps s'écoule. Les secondes, les heures, les années passent et l'on se rend compte que l'on a de très bonnes eaux-de-vie, dont beaucoup sont même devenues des eaux-de-vie remarquables. Il ne faut pas être pressé, mais sans cela, ce sont ce que l'on appelle des "eaux-de-vie excédentaires". C'est-à-dire qu'elles ont un peu trop de tout, un peu trop de lies, un peu trop de secondes, un peu, mais qui, avec le temps, change et évolue.

Ces eaux-de-vie sont vraiment très intéressantes à plusieurs points de vue. Elles ne sont pas encore commercialisées, objectivement, mais nous y travaillons, et comme toutes ces eaux-de-vie sont en train de mûrir, nous faisons de notre mieux pour les aider. Nous emporterons ces eaux-de-vie avec nous au fil du temps, en traversant même les générations. Ma fille, ou n'importe qui d'autre, les sortira un jour du bois.

Virginie : Distillez-vous d'autres alcools que Cognac?

Alexis : Non, nous sommes, nous sommes 100% Cognac. Nous ne nous sommes pas lancés dans le gin. Nous ne nous sommes pas lancés dans le whisky. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que ce sont des marchés sur lesquels je pense que nous n'avons pas assez de recul. Les producteurs de whisky français me paraissent très chers en termes de positionnement et je ne suis pas convaincu qu'ils tiendront longtemps à ces prix. Pour moi, il est difficile de comprendre comment un whisky, même un très bon whisky français, peut être plus cher sur le marché qu'un bon whisky écossais de 15 ans d'âge.

Si une maison me disait de faire du whisky pour Courvoisier ou Grand Marnier, je le ferais. Mais pour l'instant, je ne touche à rien, j'observe.

Virginie : Je vois. Donc il n'y a pas beaucoup d'intérêt de ton point de vue pour l'instant.

Alexis : Je pense qu'il y a beaucoup de risques, oui c'est ça. Voici pourquoi. Notre distillerie compte quinze alambics, ce qui en fait l'une des plus grandes de la région. Nous sommes certainement au-dessus de la moyenne avec ce nombre d'alambics. Alors quand il y a plus de production, comment fait-on pour maintenir la qualité et l'échelle ?

Virginia : C'est vrai. Vous êtes organisés pour ces 15 alambics pour la distillation de Cognac. Si vous distillez autre chose, vous aurez probablement besoin de vous agrandir. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos certifications en matière d'environnement et de sécurité alimentaire, telles que ISO 9001 et ISO 14001 ? Quel est l'impact de ces normes sur votre production et vos pratiques commerciales ?

Alexis : Lorsque nous nous sommes lancés dans le processus de certification ISO, au lieu d'en faire une, nous en avons fait trois en même temps. Et dès le premier examen, nous avons été certifiés pour les trois. Nous avons 14001 (gestion environnementale), 9001 (gestion de la qualité) et 22000 (gestion de la sécurité alimentaire). Nous avons obtenu toutes ces certifications. Ensuite, nous nous sommes engagés dans un processus de véritable responsabilité sociale et mentale qui, pour moi, fait désormais partie intégrante de la transmission du mode de pensée, de partage et d'échange de l'entreprise. Nous avons obtenu deux étoiles au bout de six mois.

Virginie : Félicitations.

Alexis : Et depuis un mois à un mois et demi, nous sommes à trois étoiles exemplaires. Il y a deux entreprises qui ont ce classement en Charente, dont une qui n'est absolument pas dans le domaine des spiritueux. Donc, dans le domaine des spiritueux, nous sommes la seule entreprise de Charente et de Charente-Maritime à avoir ce classement. Il me semble que tout le monde sera obligé de s'y mettre d'une manière ou d'une autre.

Virginie : Waouh vraiment, c'est un bel effort ! Pour en revenir à la distillation pour les autres, comment organisez-vous la distillation pour eux ?

Alexis : Nous avons tout intégré. C'est-à-dire que nous avons notre propre chauffeur, notre propre camion, tout est fait en interne. Nous ne sous-traitons pas ces opérations. Comme je l'ai dit tout à l'heure, notre chauffeur est chez nous depuis toute une carrière, et il se présente souvent avec son fils dans le camion, en disant qu'il est le prochain. C'est vrai que son fils veut aussi être chauffeur chez nous.

Virginie : Très bien. Si vous faites la distillation pour Grand Marnier et que vous recevez aussi les eaux-de-vie de Courvoisier, est-ce que vous terminez tout ce qui est Grand Marnier ou est-ce que vous le faites un peu dans l'ordre ?

Alexis : Nous commençons par la production de notre propre vignoble. Ensuite, nous distillons Grand Marnier, puis Courvoisier et Otard, typiquement dans cet ordre chronologique.

Virginie : Est-ce que ça a toujours été comme ça ?

Alexis : Presque. En fait, c'est une question de crus. Pour nous, nos vignobles sont dédiés à Fins Bois et Petite Champagne. Nous essayons donc de combiner tout ce que nous avons à faire. Courvoisier nous achète beaucoup de Fins Bois. Nous essayons donc d'être logiques ; nous n'arrêtons pas la distillerie pour rien. On fait un cru jusqu'au bout, puis on en commence un autre, et ainsi de suite. En fonction des maisons avec lesquelles nous travaillons, nous devons planifier à l'avance, mais c'est à peu près la même chose chaque année.

Nous faisons tous les Bons Bois ensemble, tous les Fins Bois ensemble, tous les Petite Champagne ensemble. Maintenant, nous faisons aussi un peu de Grande Champagne. Nous commençons par le Grande Champagne, puis nous passons à notre vignoble Petite Champagne, qui ne représente pas une grande quantité. Ensuite, nous commencerons vraiment par le Fins Bois, le Courvoisier Fins Bois, et le Grand Marnier, etc.

Virginie : Quelle est l'influence du terroir sur l'eau-de-vie ? Quel est selon vous le facteur clé du terroir ?

Alexis : La composition du sol est l'élément clé. Il n'y a donc pas 50 000 choses dans le terroir. Nous sommes sur deux types de sols. Nous sommes sur des sols sablonneux aux Pays-Bas, où nous n'avons pas de sols très solides. Malheureusement pour nous, nous avons rarement de gros rendements. Deuxièmement, la distillerie est située sur 80 mètres d'argile en dessous - c'est de l'argile. Nous ne sommes donc pas sur un excellent terroir en termes de travail, mais pour la qualité, il est très bon, mais il n'est pas facile à utiliser. Ce n'est pas facile en termes de culture et d'exploitation. On peut très vite souffrir d'une sécheresse qui peut conduire à la catastrophe dès qu'il fait chaud. Pourtant, tous les Petite Champagne et une partie des Fins Bois sont vraiment situés à 800 mètres de Bourg Charente. Bourg est une commune qui peut facilement être inondée. Et les Fins Bois sont plutôt en direction de Jarnac.

Virginie : Et la météo a été un peu difficile cette année. Peux-tu nous expliquer ?

Alexis : La météo a effectivement été difficile. Les vignes étaient un peu malades, mais dans l'ensemble, elles sont assez propres. Il y a même un rendement correct, un peu plus que d'habitude pour nous. On ne sait pas trop pourquoi, mais le problème c'est qu'aujourd'hui on n'a pas besoin d'autant qu'avant. La nature nous réserve bien des surprises. Mais c'est ainsi.

Nos Petits Champagnes sont en fait très proches du Grande Champagne. Ils sont vraiment très semblables. Et puis les Fins Bois, en plus de ceux près de Jarnac, sont sur la route de Rouillac et de tous ces coins des Pays-Bas, ce que nous appelons les Pays-Bas, dont certains des Fins Bois se trouvent.

Virginie : A quoi ressemblent vos caves de vieillissement ?

Alexis : Nous avons une partie qui a des murs assez fins et qui est sèche. Malheureusement, nous n'avions pas d'autre solution, mais c'est une grande cave avec beaucoup de barriques. Toutes nos autres caves sont humides avec des sols en terre et remplies de barriques. Nous sommes vraiment sur un sol extrêmement humide car nous sommes en contact avec la terre battue. Nous sommes sur des planches de bois assemblées en piles à l'ancienne. Nous n'avons donc pas voulu changer cela, car cela donne à nos eaux-de-vie une typicité qui se suffit à elle-même pour un bon vieillissement. Pourquoi changer une telle chose ? D'autant plus que la modernité ne fonctionne pas si bien que ça, et qu'un certain nombre de groupes de recherche, je crois, chez Hennessy ou dans d'autres maisons, se disent qu'il n'y a pas assez d'échanges dans ces chais ultramodernes en béton que l'on voit de plus en plus. C'est-à-dire qu'il n'y a pas assez d'échanges avec la nature, au contact du sol, de l'air ambiant et de l'atmosphère de la cave.

Nous suivons les saisons et la variabilité des températures est extrêmement faible. C'est un peu collant sous les pieds. C'est tout. Nous aimons ce type de cave et pour nous, il apporte quelque chose d'intéressant.

Virginie : Pouvez-vous nous parler des fûts utilisés pour conserver les eaux de vie ?

Alexis : En ce qui concerne la conservation des autres eaux de vie, nous avions nos habitudes et nos coutumes. A une époque, il était courant d'acheter des fûts aux grandes maisons, en l'occurrence Rémy Martin. À une époque, nous achetions beaucoup chez Rémy Martin et Taransaud. Parce qu'ils avaient des rotations de fûts et que nous ne sommes pas particulièrement intéressés par les fûts neufs. Nous sommes intéressés par des fûts de quatre à cinq ans à grain plus grossier. Nous assemblons ensuite les eaux-de-vie comme nous l'entendons, en respectant le cahier des charges du client, ou en laissant vieillir au maximum nos propres eaux-de-vie, ce qui apporte aussi de la typicité au liquide.

Virginie : Et pour la chauffe de la barrique ?

Alexis : En ce qui concerne la chauffe, nous utilisons une chauffe moyenne. Donc moyenne chauffe et gros grain. C'est exactement le cahier des charges de Rémy Martin. En général, quand on achète des fûts neufs, on prend le profil de Rémy. C'est vraiment ce que nous recherchons. Et la majorité de notre stock se trouve sur Grande Champagne. Nous essayons donc de nous en tenir à ce qui nous convient le mieux.

Virginie : A quoi ressemble une journée type pour vous ?

Alexis : Je suis surtout occupé le matin à discuter avec mes collègues et le responsable de la distillation. Ensuite, je vais à côté, à la rencontre de la personne en charge de la partie cosmétique et parfumerie. J'ai la particularité de venir le samedi matin et le dimanche matin également.

Virginie : Vous travaillez tous les jours ?

Alexis : Pratiquement. C'est bizarre parce que si je ne viens pas, je ne suis pas à l'aise. J'ai vu ça toute ma vie : mon père, mon oncle, mon grand-père, qui venaient tous les jours, même le matin, le samedi et le dimanche à l'époque aussi. Il y avait quelque chose tous les jours. Et mon père, aujourd'hui, à 82 ans, vient presque tous les jours le matin. Oui, c'est resté ainsi, juste pour voir si tout va bien. Nous venons travailler un peu, pour faire la tournée. C'est amusant. Nous sommes donc régulièrement trois générations dans le même bureau, ce qui a toujours été le cas pour moi. Mon grand-père Marcel, mon père, mon oncle Lucien et moi. Nous sommes trois générations dans le même bureau. Cela peut être un peu difficile pour les familles de discuter si nous avons des points de vue différents sur certaines choses.

"La marque de Monsieur Cabanne, c'est La Truffe, mais il n'y a pas de truffe dedans. Il faudra donc en mettre".
Jeleur ai dit que si nous voulions l'appeler Cognac, il serait compliqué d'y mettre des truffes. Et c'est tout.

Virginie : Passons aux marques Richard Delisle, La Truffe et KingSpirit. Pouvez-vous me dire ce que représente chacune de ces marques ?

Alexis : Richard Delisle est la marque historique que nous avons achetée pendant la guerre à la famille Mitterrand. Je vous l'ai dit parce que c'était le seul moyen de vendre Cognac sous l'occupation, c'est-à-dire de posséder une marque d'activité de la bouteille, une marque de négoce. Donc ça c'est la marque historique, mais qui n'a été développée par nous régulièrement qu'à partir de 99. C'est ce sur quoi, entre guillemets, nous comptons le plus pour notre développement et notre image. C'est notre voiture de course.

La Truffe est une marque que j'ai déposée en 99, justement parce que j'avais des caves très, très, très humides puisque j'habitais juste à côté de la Charente. J'ai vendu cette maison depuis car elle est en zone inondable. C'était vraiment près de la Charente, avec une cave en terre battue dont les murs et le sol étaient couverts de champignons. Tout était blanc et franchement, ça sentait la truffe. Oui, et j'ai pris les eaux-de-vie qui avaient cet aspect truffé. C'était assez amusant. Et donc l'idée m'est venue d'avoir une gamme de Cognac un peu plus terroir, un peu plus marquée par le terroir avec ce caractère rustique de champignon truffé. La gamme est assez classique, mélangée avec les vins de nos vignobles Petite Champagne et Fins Bois de nos propres vignobles.

C'est une gamme vraiment marquée par des notes de champignons. C'était assez amusant. Et quand j'ai lancé cette marque, eh bien, ça a été difficile de la faire décoller parce que l'inspection des fraudes m'a dit : "La marque de Monsieur Cabanne, c'est La Truffe, mais il n'y a pas de truffe dedans. Il faut donc en mettre" Je leur ai dit que si on voulait l'appeler Cognac, ce serait compliqué d'y mettre de la truffe. Et c'est tout. C'est une marque qui nous accompagne depuis quelques années et que nous développons sur certains marchés. C'est vraiment un produit un peu original.

Ensuite, il y a KingSpirit. C'est un partenariat. C'est un ami d'Angoulême qui fournit la marque et les produits secs, et nous les liquides. C'est un partenariat, c'est un peu une marque blanche avec le propriétaire de la marque Rénal Geoffroy. C'est vraiment très bon. C'est très original aussi. Il y a une clientèle pour ce type de produit. C'est vif. C'est très lourd.

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Famille Cabanne Lot 58 Petite Champagne Cognac

Famille+Cabanne+Lot+58+Petite+Champagne+Cognac

Famille Cabanne Lot 58 Petite Champagne Cognac

Sold out. Sorry, you missed it.

Âge du cognac
Lot 58
Appellation Contrôlée
Petite Champagne
Taille de bouteille
700ml
Teneur en alcool
45.8%
Tasting review
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Color: Vivid amber with orange reflections.

Nose: A fascinating balance between fruit pastes and exotic aromatic wood. Quince paste, orange lozenges, nectarine, and earthy honey evolve into leather tones and sharp cedarwood. Despite its age, the spirit remains lively and expressive.

Palate: Powerful and precise with layers of quince, apricot jam, vine peach, and tangerine. Orange peel and zest introduce a bittersweet edge. The texture is chewy and the evolution is linear, highlighting cedar, leather, and subtle savory bitterness through the long finish.

Finish: Warm, lingering, and defined by its balance between vibrant fruit and seasoned wood. A Cognac that holds your attention until the final drop.

Product description
Famille Cabanne Lot 58 Petite Champagne Cognac Following the remarkable Lot 24, Famille Cabanne now unveils a rare and mature expression from their damp, earthen-floored cellar: the Lot 58 Petite Champagne Cognac. Distilled with the lees following a classic Rémy Martin-style method and aged in a medium-toast, 30-year-old coarse grain cask from Seguin Moreau (originally used by Rémy Martin), this Cognac showcases nearly 70 years of patient aging and quiet evolution. Remaining in cask until bo...

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Virginie : Vous avez lancé quelques millésimes sous la marque Richard Delisle. Comment se déroule le processus avant le lancement d'une cuvée ?

Alexis : Voici un petit aperçu de ce processus. Il y a deux façons d'aborder un millésime et/ou un manque de place : On met les eaux-de-vie à stocker et à vieillir chez Oreco. On les met chez Oreco avant le changement d'âge, donc comme on n'a jamais vraiment touché à ces eaux-de-vie, on a la preuve qu'elles ont été stockées chez Oreco avant le changement d'âge et on a la preuve que l'eau-de-vie est chez Oreco depuis 15 ans, 20 ans, 30 ans, ou autre. Peu importe que le degré d'alcool ait baissé ou que le volume ait augmenté, ou que le degré ait baissé ou que le volume ait baissé, ou les deux, mais dans quelques cas, il a en fait remonté, et il y a une traçabilité complète et parfaite qui prouve qu'il n'y a jamais eu d'interaction sur ces lots. Nous avons beaucoup d'éléments de ce type. Nous faisons systématiquement valider les lots par le BNIC. Nous avons toujours procédé ainsi.

Nous avons également des millésimes sur place depuis une vingtaine d'années. C'est le BNIC qui s'en occupe généralement. Le BNIC n'intervient pas systématiquement sur tous les millésimes, et ils peuvent ne venir qu'après. On peut avoir des coups de cœur ou des surplus d'eaux-de-vie, c'est ce dont je parle, mais tout de suite on se dit qu'on verra ces eaux-de-vie dans quelques dizaines d'années. Elles peuvent être très bonnes.

Virginie : Et si vous décidez cette année, que vous avez un tonneau millésimé que vous voulez garder, est-ce que vous appelez le BNIC pour qu'il vienne, ou comment ça se passe ?

Alexis : Oui. Il faut pouvoir prouver que c'est une eau-de-vie de l'année, par exemple. Si c'est avant le changement d'âge, donc juste après la ditillation, le BNIC doit goûter, vérifier que c'est une eau-de-vie conforme à la réglementation, etc. Nous faisons ensuite sceller le tonneau ici, et nous n'y touchons plus. Le BNIC revient une fois par an pour les inventaires. Il s'agit d'un single cask millésimé. Une fois scellé, il ne bouge plus. Nous avons décidé d'aimer ces eaux-de-vie tout de suite et de voir ce qui se passera plus tard.

Virginie : Chaque année, décidez-vous d'avoir toujours des eaux-de-vie millésimées ?

Alexis : Oui, absolument. Cela ne coûte même pas plus cher. Si le lot est intéressant et qualitatif, ça vaut le coup de le prendre.

Virginie : Et y a-t-il aussi le moment où l'on décide de faire plusieurs tonneaux pour avoir du millésime Cognac pendant un an ?

Alexis : Oui, bien sûr. C'est le cas ici en stock. Nous avons des fûts différents en termes de volume, de hauteur et de largeur, mais il peut s'agir de fûts différents d'un même millésime, ce qui, à terme, entraînera toujours une petite différence entre chaque eau-de-vie.

Virginie : Que pensez-vous de cette tendance vintage et/ou single cask ?

Alexis : C'est quelque chose qui fonctionne clairement dans le whisky. C'est quelque chose qui fonctionne en général. Single Cask sur les petits lots, évidemment. Si on peut les valoriser, c'est toujours intéressant. Après, c'est compliqué parce que si vous avez 600 bouteilles d'un Single Cask et que vous voulez l'exporter, il n'y a pas assez de bouteilles. Ou alors, il y a trop de bouteilles pour un tout petit marché.

Virginie : Oui, c'est difficile de savoir comment équilibrer.

Alexis : Exactement. On peut avoir un gros distributeur capable d'acheter trois ou quatre mille bouteilles. Il n'en a rien à faire de 600 bouteilles. Donc, pour l'instant, on ne fait pas vraiment ce genre d'embouteillage, mais on pourrait le faire sans problème.

Virginie : Pensez-vous que les Cognacs single cask sont plus destinés au marché français et européen ?

Alexis : Oui, clairement. Lorsque vous produisez un tonneau de 600 bouteilles, vous devez le faire pour le marché français ou Internet, mais vous n'allez pas sur un marché plus mature ou plus établi. Pour un marché américain ou chinois, avec seulement 600 bouteilles d'un seul tonneau, l'importateur ne se donnera pas la peine. Il pensera que c'est trop de travail. Trop de marketing, trop d'argent pour vendre seulement 600 bouteilles.

La Virginie : Sans aucun doute.

Alexis : Les ventes sont trop chères. Ça ne se vendra pas. C'est compliqué. Je le ferai sans doute quand j'aurai vraiment une demande spécifique. Je peux le faire, mais aujourd'hui, ce n'est pas ce que je fais la plupart du temps.

Virginie : Qu'est-ce qui inspire la création de nouveaux produits en général ?

Alexis : Eh bien, c'est la qualité de l'eau-de-vie, franchement. Selon la qualité de l'eau-de-vie que j'ai devant moi, je pense que c'est la meilleure façon de véhiculer un nouveau produit. Quelque chose de très atypique, de très particulier, etc. Nous essayons ensuite de trouver le bon packaging pour l'accompagner. Nous travaillons beaucoup en ce moment sur la Belgique avec The Whisky Jury. Nous faisons davantage de petites séries de 300 bouteilles, 120, 150 et ainsi de suite pour des lots particuliers de Cognac que j'aime.

Je m'occupe de l'entreprise familiale, donc nous gardons beaucoup de ces eaux-de-vie et de ces lots pour l'instant. Nous verrons plus tard ce que nous en ferons.

Virginie : Combien de tonneaux avez-vous, en gros, chez vous ?

Alexis : Beaucoup. J'ai tout dans mon laboratoire. D'ailleurs, lorsque nous faisons l'inventaire chaque année, nous prenons des échantillons en double. Mais je goûte toujours pour maintenir mon nez. Donc disons environ 4 000 fûts.

Virginie : C'est beaucoup.

Alexis : Oui mais ils ne sont pas tous à moi, mais j'exploite environ 4 000 barriques.

Virginie : Avez-vous une manière particulière de déguster ? Comment dégustez-vous le mieux ?

Alexis : En termes de dégustation, nous dégustons sans eau. Et on a un verre, un verre très spécial que mes distillateurs appellent "le criminel", parce qu'on voit et on sent tout de suite le moindre défaut.

Virginie : Wow, vraiment ?

Alexis : C'est son surnom : le criminel. Il a été développé à l'origine par Courvoisier et il est très intéressant à déguster. Il n'a rien à voir avec un verre tulipe classique. C'est d'ailleurs l'une de ses particularités. Ce verre affine énormément les eaux-de-vie. C'est notre seule particularité et nos habitudes de dégustation : le criminal.

C'est la notion de famille et toujours la notion de traçabilité et de justesse. Comment dire, on a des gens corrects, on n'abuse pas. On n'essaie pas d'avoir plus pour moins. On ne tergiverse pas. Nous ne perdons pas de temps avec les personnes avec lesquelles nous travaillons. Nous sommes petits. Il faut rester humble et se mettre à la portée du client. Si le client n'est pas à portée de main, le projet est mort. L 'une de nos particularités est notre capacité à réagir, à être super, super actifs, à aller toujours vite, à dire vite et bien, à être toujours faciles, à être souples. Être flexible, c'est indispensable, il faut être vraiment flexible. Et le marché est flexible. Il faut rester humble.

Virginie : Quel est votre site préféré Cognac?

Alexis : On m'a demandé 1000 fois quel Cognac je préférais. Ils sont tous différents, il n'y en a pas un que je préfère. Je pense que la grande question est : qui sont nos concurrents ? Je n'ai pas de concurrents. J'ai des collègues, un point c'est tout. Oui, il n'y a pas de notion de concurrence. Nous parlons de l'identité de Cognac. Avec le nombre de bouteilles de Cognac vendues dans le monde, nous sommes assez nombreux à le faire. En tant que producteurs, nous sommes plus frères que concurrents. Dans certaines régions, il y a beaucoup plus de vignerons qui produisent et vendent leurs propres bouteilles. Dans le domaine du vin, c'est tout ce qu'il y a à faire. Il y a quatre ou cinq grandes maisons qui représentent 99 % des ventes. Le reste, c'est de la rigolade. Il faut rester, il faut rester à sa place.

Virginie : C'est vrai. À mesure que le secteur évolue, quels sont, selon vous, les principaux défis que devront relever les producteurs de Cognac au cours des prochaines décennies ?

Alexis : Non. J'espère que la période difficile que nous traversons servira de leçon. Comment dire, Cognac, c'est encore très petit dans le monde des spiritueux. Il faut être vigilant et ne pas repartir dans des prévisions extraordinaires et irréalisables. C'est donc compliqué. Après tout, il s'agit d'entreprises et de groupes qui sont tous cotés en bourse et dont les actionnaires veulent qu'ils vendent. Il y a des pressions de toutes parts. Nous nous éparpillons. Et là, boum boum. Ce n'est pas la première fois. Alors aujourd'hui, il s'agit de tourner en rond et de prier pour que ça reparte, ce dont je doute à très court terme. Je ne sais pas ce qu'on va faire du stock. Il est là.

Alors que pouvons-nous faire pour essayer de maintenir notre position dans un climat économique des plus déplorables ? C'est être exemplaire, c'est être certifié. Être exemplaire, c'est être certifié. Par la qualité environnementale, par la responsabilité sociale, par l'économie, par tout cela. Et une traçabilité complète. Nous l'avons fait parce que nous y croyons et que nous voulions le partager avec nos employés. Et maintenant, nous essayons de le partager avec nos collègues. C'est le rôle sociétal et environnemental. Il s'agit d'amener les autres à évoluer. Je pense qu'il serait très bénéfique pour la région de donner une image très socialement et économiquement responsable sous tous les angles.

Cela pourrait nous distinguer d'un autre produit, comme la tequila ou même le whisky. C'est ainsi que les choses se passent. C'est notre raison d'être.

Virginie : En regardant vers l'avenir, alors que l'industrie du Cognac et des spiritueux évolue, quel est le rôle de la famille Cabanne ?

Alexis : Notre rôle est d'essayer de suivre. Il faut être conscient que si on est un leader sans grande maison, on ne peut rien faire. Il y a un train. Alors tantôt on prend le TGV, tantôt on prend le train Michelin qui va lentement. Il y a une locomotive qui s'appelle Hennesy, et il y a d'autres compagnies. Il y a des wagons, des wagons, des wagons, qui essaient de se mettre derrière un wagon dans un wagon et de laisser les grands faire parce qu'ils savent comment faire et tout le nouveau marché ouvert est un marché de marque, toujours.

Il s'agit toujours de la marque, du prestige. Alors, avec le temps, ces gens s'ouvrent un peu plus. C'est ainsi que les choses évoluent C'est ainsi que les choses évoluent. Les grands ouvrent les marchés. Et puis les petits avec les miettes peuvent passer, mais il faut savoir que nous sommes les miettes, nous courons derrière le train et nous arrivons à monter parfois.

Virginia : C'est une belle image avec le train.

Alexis : C'est la vérité. Nous avons de bonnes relations avec les maisons Cognac avec lesquelles nous travaillons. Il faut savoir que dans cette région, c'est historique. Je ne peux pas faire concurrence à nos clients. C'est la règle. D'où l'absence de distribution. Heureusement pour moi, je pense, je n'ai jamais gêné les grands, ni même certains moyens. Voilà donc ce que nous sommes et ce que nous faisons.

J'ai acheté des 1806 et des 1865 datés au carbone 14. La traçabilité, l'héritage, la dot, l'acte de mariage. Nous disposons de toute une série de documents.

C'est incroyable, car l'ancienneté n'est pas toujours synonyme de qualité, mais lorsqu'elle est là, elle peut être incroyable. C'est quelque chose que l'on garde précieusement en mémoire. C'est très, très, très surprenant.

Virginia : Enfin, quel est votre produit préféré parmi les produits Famille Cabanne et pourquoi ?

Alexis : L'héritage de Marie Lemain. Un 1806. C'est un 1806 Cognac qui a été distillé à Saint-Cybardeaux, un Cognac qui a été fait dans notre famille par des cousins. Cette personne était maire et comme dot, pour le mariage de sa fille, Marie Lemain. Il a fait distiller environ 200 litres de Cognac, et en fait ce Cognac est resté dans la famille. Je l'ai acheté à des cousins de l'époque. J'ai en fait acheté des 1806 et des 1865 datés au carbone 14. La traçabilité, l'héritage, la dot, l'acte de mariage. Nous disposons de toute une série de documents. Le fait est que j'en ai vendu un peu trop à l'époque, nous en avons vendu beaucoup, surtout à un client. Alors j'ai arrêté de le vendre parce que je me suis dit que je n'allais rien laisser aux enfants, aux autres.

Je ne le garde pas chez moi, je n'ose pas. Mais c'est tellement bon. C'est incroyable parce que vieux ne veut pas toujours dire bon, mais quand c'est là, ça peut être incroyable. C'est quelque chose que l'on garde précieusement en mémoire. C'est très, très, très surprenant.

Nous avons aussi du Pineaux que nous avons trouvé dans des tonneaux. Ce devait être pendant la guerre. Je pense que c'était en 1914, 1918. Mon arrière-arrière-grand-père devait avoir trois ou quatre tonneaux murés derrière un muret, ou alors ils ne les déclaraient pas. Je n'en sais rien. Des pineaux qui ont passé cent ans en barrique. C'est complètement fou. L'inconvénient, c'est que quand on le goûte, on ne peut plus rien goûter après. C'est remarquable. Sérieusement !

Virginie : Merci beaucoup pour cette conversation.

Alexis : Merci. A bientôt.

Conclusion

Cette conversation avec Alexis Cabanne montre clairement que Famille Cabanne repose sur une base solide de tradition, de qualité et de respect pour Cognac, la région, l'esprit et la ville.

Leur dévouement à la fabrication de produits exceptionnels Cognac répartis entre les trois marques Cognac de Famille Cabanne, tout en honorant les valeurs générationnelles transmises par leur famille, leur confère une présence unique dans la région. Alors qu'ils continuent d'évoluer et de croître, leur engagement envers leur propre artisanat de production de Cognac reste ferme - toujours avec un regard vers l'avenir et les générations de Cabannes à venir.

Considérez-nous comme des fans et des adeptes de cette maison de plaisir. Nous encourageons les lecteurs à y jeter un coup d'œil. A la vôtre !

Cognac marques par Famille Cabanne

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